Back To Top

Catherine Guiller – « Il faut aider les personnes dépendantes oui, mais tout en contribuant à essayer de les aider à conserver tant que soi peu leur propre acquis et savoir-faire. »

Il est primordial dans notre pratique quotidienne, de tout mettre en œuvre pour créer un lien entre les personnes, la famille et l’équipe pluridisciplinaire pour le bien-être de la personne. ” 

Catherine Guiller, aide médico-psychologique

Bonjour Catherine, pouvez-vous vous présenter ? 

Je m’appelle Catherine Guiller, en tant qu’agent de service hospitalier en E.P.H.A.D. j’ai effectué une formation pour devenir Aide Médico-Psychologique en alternance en conservant mon poste au sein de cet établissement. 

J’ai travaillé sept années dans cette structure en hébergement classique ainsi que sur un pôle fermé et sécurisé avec environ une douzaine de personnes présentant des troubles cognitifs et démences associées. 


Présentez-nous la structure dans laquelle vous travaillez. 

Nous accueillons principalement des personnes ayant des démences type Alzheimer ou démences associés. Je travaillais essentiellement sur le PASA (le Pôle d’Activité de Soins Adapté) composé de deux pôles d’une douzaine de résidents sur deux passerelles différentes. 

J’effectue la prise en charge des levers et des toilettes du matin ainsi que le service des repas du midi et pour le poste du soir une animation d’atelier dans le cadre du P.A.S.A (Pôle d’activité de soins adapté), repas et couchers. 


Quelles sont les activités que vous pratiquez avec les personnes que vous accompagnez ?  

Tous les matins je m’occupe des petits déjeuners, que ce soit en chambre ou dans la salle commune. Pour les toilettes j’effectue trois à quatre prises en charges ciblées (plus complexes) personnalisée de « confort » quand je suis en poste sur l’hébergement classique pour soulager les équipes soignantes. Cela peut intégrer de la balnéothérapie ou du soutien psychologique.

Les après-midis je propose une activité différente par semaine. J’organise des ateliers avec les résidents tous les après-midis. Il y a des ateliers de cuisine, de travaux manuels, de musicothérapie, de stimulation cognitive ou encore de remise en forme. J’ai 1H30 pour préparer les ateliers et ensuite je vais chercher les résidents dans leur chambre. J’essaye de les motiver pour venir aux ateliers, en général une dizaine de personnes participent. 


Quel est le rôle ou l’impact de ces ateliers dans la préservation ou le maintien de l’autonomie selon vous ? 

L’objectif de ces ateliers est de stimuler les résidents. Il faut les inviter à participer sans que ce soit une obligation mais un choix de leur part. Pour cela il faut montrer notre propre motivation pour leur donner envie d’y participer. Une fois ce challenge réussit, il faut les mettre en confiance. Il ne faut surtout pas les mettre en situation d’échec car ce sont des personnes qui ont des problèmes de mémoire, de concentration, de très fortes angoisses ou des difficultés motrices. L’idée c’est donc de s’adapter à leur rythme. Si un résident n’arrive pas à participer à un atelier, il faut l’encourager et adapter l’atelier en fonction de ses difficultés. Je contribue dans mon rôle de professionnelle à prévenir l’isolement de ces personnes et maintenir leur socialisation. Ils sont la plupart du temps « passif » dans leur quotidien dû à leur prise en charge médicale et se retrouvent dans la dépendance des autres. Leur lieu de résidence doit être un véritable lieu de « vie » dont ils sont partie prenante, leur vie continue et ne s’arrête pas quand ils rentrent dans une Institution ! 

Si un résident ne veut pas participer à un atelier, il est possible de le laisser regarder en tant que spectateur cela peut lui donner envie par la suite. Si l’angoisse est envahissante il est préférable de le raccompagner et éventuellement lui proposer une prise en charge individuelle plus adapté. 

Quand on est aide médico-psychologique il faut savoir rebondir rapidement. L’idée est que la personne prenne du plaisir à participer à l’atelier. On va stimuler ses cinq sens mais avec douceur et à son rythme sans le brusquer. 


Selon vous, comment pourrait-on faciliter le travail des soignants ? 

Pour moi, il est possible d’améliorer le suivi des résidents, par exemple en retraçant les diverses observations faite par l’A.M.P sur les transmissions quotidiennes. Effectuer un bilan des objectifs que ce soit au niveau des prises en charge individuel du matin ou des ateliers de l’après-midi par trimestre pour suivre l’évolution du résident toujours en fonction de son projet de vie qui peut évoluer dans le temps. Participer aux transmissions quotidiennes et faire un point tous les mois sur les résidents avec l’équipe pluridisciplinaire afin que notre travail en équipe soi le plus objectif possible pour une bonne prise en compte du résident. 

L’utilisation de tablette à l’entrée des chambres avec les informations concernant le résident pour consulter rapidement son profil, pour évaluer une bonne prise en charge de la personne. 

Ensuite, je pense qu’il est important d’améliorer le lien entre la famille et l’équipe soignante. Peut-être avec la mise en place d’un outil de communication toujours disponible dans la chambre pour y noter les différentes observations de la famille. 

Dans notre métier nous sommes malheureusement en minorité dans les structures de type E.P.H.A.D., il n’y a pas suffisamment de personnel et la bienfaisance est plus difficile à mettre en place quand le temps est très restreint. 


Avez-vous eu d’autre expériences professionnelles dans le même domaine ? 

Oui, dans d’autres maisons de retraite privées et publiques en hébergement classique.  J’ai aussi eu l’occasion de faire un stage de 1 mois dans un établissement privé pour jeunes adultes stabilisés ayant des troubles psychiques. 

La plus grande difficulté pour moi dans ce type d’établissement, c’est qu’à tout moment il peut y avoir des situations d’agressivité, de crises d’épilepsies ou autre. Il faut trouver la bonne distance avec ces personnes et savoir gérer l’aide à l’autonomie avec beaucoup de précaution pour certains. Il faut une vigilance particulière, accrue pour donner les traitements médicamenteux avec des prises régulières. 

L’observation du passif de vie de la personne nous oriente et aide à comprendre le sens de notre implication dans son projet de vie. 


Selon vous, qu’est ce qui favorisera l’autonomie à domicile des personnes dans 5 ou 10 ans ? 

Il faut favoriser l’acquisition et l’adaptation des logements au niveau ergonomique, comme des équipements pour les salles de bains : barre d’appui, siège de douche, lit adapté, monte escalier, enfile bas de contention et avec une meilleure prise en charge du remboursement de ces matériaux. Également des outils pour garder une communication avec l’extérieur.