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#4 – La Télémédecine

Qu’est-ce que la télémédecine ? 

La révolution des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans les années 1990 a eu pour conséquence les progrès de la micro-informatique qui ont entrainé la multiplication des supports, ordinateurs portables, téléphones mobiles, tablettes tactiles ainsi que l’amélioration des réseaux de télécommunication. Ces changements ont eu de nombreuses répercussions dans tous les domaines de la société, comme c’est le cas dans le monde de la santé ou la télémédecine est une résultante de ces progrès 

En France la télémédecine est considérée sous deux aspects, la télémédecine clinique qui est une pratique à distance de la médecine par des professionnels médicaux et la télémédecine informative qui correspond davantage à de l’éducation à la santé, à une offre de service de santé de nature commerciale.  

Cette distinction prend son sens dans la loi, car la télémédecine clinique contrairement à la télémédecine informative est inscrite dans le code de la santé publique depuis 2009. Elle y figure comme « Une forme de pratique médicale à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication qui met en rapport, entre eux ou avec un patient, un ou plusieurs professionnels de santé, parmi lesquels figure nécessairement un professionnel de santé médical et, le cas échéant, d’autres professionnels apportant leurs soins au patient ». 

Les champs d’action de la télémédecine  

Les champs d’action de la télémédecine sont définis par un décret depuis 2010. Ce décret donne le cadre réglementaire de la télémédecine qui est défini en 5 actes médicaux : 

La téléconsultation : Un médecin donne une consultation à distance à un patient, lequel peut être assisté d’un professionnel de santé. Le patient et/ou le professionnel à ses côtés fournit les informations et le médecin à distance pose le diagnostic.  

La téléexpertise : La téléexpertise permet à un professionnel médical de solliciter à distance l’avis d’un ou de plusieurs professionnels médicaux. C’est d’abord un acte médical ; cela concerne deux médecins pendant ou suite à la consultation initiale. Cette action ne faisait pas l’objet d’une rémunération jusqu’à présent.  

La télésurveillance médicale : Un médecin surveille et interprète à distance les paramètres médicaux d’un patient. L’enregistrement et la transmission des données peuvent être automatisés ou réalisés par le patient lui-même ou par un professionnel de santé.  

La téléassistance médicale : Un médecin assiste à distance un autre professionnel de santé au cours de la réalisation d’un acte.   

La régulation : Les médecins des centres d’urgence établissent par téléphone un premier diagnostic afin de déterminer et déclencher la réponse la mieux adaptée à la nature de l’appel. 

Nouvellement, depuis 2018 et après une période d’expérimentation la téléconsultation est désormais remboursée par l’assurance maladie tout comme les consultations classiques. Toutes les personnes s’inscrivant dans un parcours de soin coordonné peuvent bénéficier de ce type de consultation. C’est à dire les personnes qui sont en lien avec leur médecin traitant en cabinet de ville ou en établissement de santé tant qu’elles n’y sont pas hospitalisées. 

La téléexpertise est-elle aussi remboursée depuis le mois de février 2019. 

 

La télémédecine à qui s’adresse-t-elle ? 

Déjà, il semble important de préciser que la télémédecine n’a pas pour vocation de remplacer les dispositifs existants mais plutôt de les appuyer. La télémédecine clinique telle qu’elle est pensée en France vise à renforcer l’efficacité du système de soin. 

Nous verrons ici trois exemples d’application de la télémédecine, qui s’adresse aux personnes atteintes de maladie chronique, à la prise en charge des AVC en phase aigüe, ainsi qu’à l’accompagnement des personnes âgées et/ou en situation de handicap 

Surveillance des maladies chroniques 

Le suivi des maladies chroniques par la télémédecine semble être une application prometteuse. Effectivement, dans ce domaine, la télémédecine permet à un patient d’alerter son médecin d’un risque qu’il a détecté grâce à un suivi en temps réel. La détection par le patient d’une alerte et le feedback presque immédiat avec le professionnel de santé permet d’avoir un impact favorable pour le patient dans le suivi de sa maladie et de lui apporter un réel service médical. 

La télésurveillance des maladies chroniques est d’ailleurs une priorité pour l’horizon 2021. En effet, des expérimentations sont en cours depuis 2017 dans le but de développer les activités de télémédecine, de définir un cadre juridique et de fixer les tarifs de ces accompagnements sur cinq pathologies principales. Pour le moment, ces pathologies sont le diabète insulinodépendant, l’insuffisance cardiaque, l’hypertension artérielle sévère, l’insuffisance rénale chronique ainsi que les prothèses cardiaques implantables. 

Les objectifs de la télésurveillance sur ces pathologies sont les suivants : 

  • Cibler les patients à risque d’hospitalisations récurrentes ou des patients à risque de complications à moyen et long terme
  • Parvenir à un état de stabilité de la maladie, voire à une amélioration par un accès rapide à l’avis d’un spécialiste ou d’un expert dans son domaine 
  • Améliorer la qualité des soins et leur efficience 
  • Améliorer la qualité de vie des patients. 

L’accompagnement des personnes âgées et/ou handicapées 

Les personnes âgées et les personnes en situation de handicap rencontrent souvent des difficultés d’accès aux soins de par leurs difficultés de déplacement, de communication, et des caractéristiques propres à leur handicap.  

La télémédecine pourrait permettre aux résidents de structures médico-sociales d’avoir un accès plus régulier à des consultations médicales. Ce dispositif pourrait, entre autres, permettre pour les personnes souffrant de maladies chroniques liées au vieillissement d’éviter les hospitalisations souvent trop nombreuses, mais également de téléformer les aidants sur des prises en charges spécifiques. 

Par exemple, le Docteur Cécile Biguier, Gériatre de l’EHPAD de Bracieux a participé à la mise en place de la télémédecine au sein de son établissement. Elle a mis en place un « téléstaff » qui consiste à réunir, en visioconférence, une fois par mois, pendant deux heures, les professionnels en psycho-gériatrie du département, afin d’échanger sur les cas difficiles rencontrés au sein de l’EHPAD. Ces réunions permettent de rassurer l’équipe soignante sur son accompagnement et d’améliorer ce dernier. Ces « téléstaff » semblent également permettre d’améliorer la pose des diagnostics.  

Prise en charge d’AVC en phase aigüe   

La télémédecine s’applique également à la prise en charge des patients en phase aigüe d’AVC. 80% des AVC sont des AVC ischémiques dont les conséquences neurologiques peuvent être réduites grâce à l’administration de médicaments dans un délai pouvant aller jusqu’à 4h30 après le début de l’accident. Si les personnes qui vivent dans les grandes agglomérations peuvent généralement être prises en charge dans une unité spécialisée proche de leur domicile, ce n’est pas le cas pour les personnes qui vivent dans des zones éloignées d’unités spécialisées.  

La télémédecine appliquée au traitement des AVC en phase aigüe pourrait permettre aux patients de recevoir le traitement nécessaire dans l’unité de soin territoriale la plus proche du domicile de la personne, avant d’être transférés vers le service d’urgences hospitalières le plus proche. 

La télémédecine entre les unités de soins locales et les urgences hospitalières pourrait donc permettre de réduire les inégalités territoriales d’accès aux soins et permettre à chacun d’être soigné dans le bon délai d’efficacité thérapeutique.  

Concrètement, comment se passe une téléconsultation ? 

Depuis septembre 2018, tous les médecins peuvent réaliser des téléconsultations, quels que soit leurs spécialités et leurs lieux d’exercices. Ce sont à eux de déterminer les situations adaptées à ce mode de consultation. Dans le cadre du parcours de soins coordonné, il est nécessaire de passer par son médecin traitant pour obtenir une téléconsultation avec un spécialiste. Il existe cependant des exceptions à cette règle pour les rendez-vous de gynécologie, ophtalmologie, stomatologie, chirurgie orale, psychiatrie, neuropsychiatrie et pédiatrie.  

De plus, pour avoir accès à la téléconsultation, le patient doit avoir fait au moins une consultation « physique » avec le médecin téléconsultant au cours des 12 derniers mois. 

La téléconsultation se passe grâce à une liaison vidéo afin de garantir la qualité des échanges. Le médecin envoie un lien internet sécurisé à son patient quelques heures avant la consultation. Le patient peut se présenter seul ou accompagné par un professionnel de santé. Il peut être à son domicile ou dans un lieu dédié, comme une maison de santé ou une pharmacie équipée. 

Le médecin peut réaliser une prescription suite à la consultation. Cette prescription sera envoyée par voie postale ou via une messagerie sécurisée. Le médecin téléconsultant rédigera un compte rendu suite à la consultation qui sera ajoutée au dossier patient. 

 

 Il est aujourd’hui possible pour les structures accueillant des personnes âgées et/ou des personnes en situation de handicap de participer au programme ETAPES, un programme d’expérimentation appliqué aux maladies chroniques, pour cela il faut contacter votre agence régionale de santé via son site web.

Il est également possible de trouver des médecins qui pratiquent la téléconsultation. Il existe des entreprises qui permettent d’accéder à des téléconsultations. On retrouve actuellement sur le marché :