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La robotique et les troubles cognitifs

Le vieillissement de la population représente un enjeu public de plus en plus préoccupant. A l’échelle mondiale, de multiples rapports montrent une augmentation du nombre de personnes atteintes de démences, dont la maladie d’Alzheimer est la cause dominante.

La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative affectant de multiples fonctions cognitives telles que la mémoire, l’attention ou le langage. L’atteinte des fonctions exécutives serait l’une des manifestations cognitives les plus sévères dans la maladie d’Alzheimer, entraînant une diminution de l’autonomie des patients dans leurs actes de la vie quotidienne. De nombreuses études ont portées sur la compréhension des conséquences de cette neurodégénérescence. Dès les premiers stades de la maladie, les proches ou les patients eux-mêmes rapportent des difficultés à exécuter des activités complexes ou demandant de l’attention et de la flexibilité mentale, comme préparer un repas élaboré ou la conduite automobile. Avec la progression de la maladie, le besoin d’aider à l’exécution de tâches de vie quotidienne augmente. La perte des fonctions exécutives, sous-tendue par la maladie, induit une prise en charge nécessaire des patients par le personnel médical et la famille, afin d’améliorer leur qualité de vie. De nombreuses études ont néanmoins rapporté une augmentation des troubles physiques et psychologiques chez les aidants. 

L’avancée des nouvelles technologies, ces dernières années, a permis de développer de nouveaux systèmes, afin d’améliorer la prise en charge des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et la qualité de vie des personnes les assistant. De multiples robots ont été pensés pour venir améliorer leur accompagnement. Leur utilisation a mis en évidence une réduction de la sévérité de la démence chez certains patients. Peterson, Houston, Qin, Tague & Studley (2017) ont montré les bénéfices de la thérapie animale et plus récemment de la thérapie robotique animale.  

PARO, un phoque robotique a démontré la même efficacité qu’un animal dans le contrôle des symptômes de la maladie d’Alzheimer. La manipulation du robot a permis une réduction de l’anxiété, de l’agitation, de la prise médicamenteuse, une régulation de l’humeur, de même qu’une amélioration de la capacité des patients à communiquer. Moyle, Jones, Murfield, Thalib, Beattie, Shum, O’Dwyer, Mervin & Draper (2018) ont également montré que l’utilisation du robot PARO permettait une réduction de la déambulation des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer durant la journée et la nuit, mais qu’il n’existait aucun effet significatif sur la qualité de leur sommeil. D’autres études ont mis en exergue les bénéfices apportés par l’utilisation de la robotique animale en comparaison à l’utilisation d’un animal peluche.

Les études sur le développement des robots assistants ont quant à elles démontré le bénéfice pour les patients d’avoir au quotidien un compagnon avec qui interagir. De nombreuses études ont montré une augmentation de la motivation et de l’engagement dans les activités de vie quotidienne des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ainsi qu’une amélioration de leurs interactions sociales et un impact positif sur la cognition. La Commission Européenne est allée plus loin en mettant en œuvre un vaste projet de recherche afin de permettre le maintien à domicile des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Les résultats ont mis en évidence que les robots assistants permettraient de réduire les soins humains et les ressources nécessaires à la prise en charge des patients mais également de leur maintenir une bonne qualité de vie, tout en restant chez eux et de manière autodéterminée et autonome. Plus spécifiquement, les études sur cette technologie ont permis de déterminer les domaines dans lesquels les robots assistants devraient intervenir : préparation et aide à la prise des repas, propreté et sécurité du domicile, gestion des situations dangereuses, soins personnels, entraînement cognitif et pratique d’une activité physique régulière. 

D’autres recherches portant sur l’utilisation de robots humanoïdes ont souligné, à l’instar du robot PARO, une amélioration de la capacité de communication des patients mais également une diminution de l’irritabilité et du sentiment de solitude et de stress. Dans une étude comparative entre l’utilisation du robot humanoïde NAO, du robot animal PARO et d’un chien, il a été mis en évidence que seul le robot humanoïde avait permis une baisse des symptômes neuropsychologiques.